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Mercredi 22 août 2012 3 22 /08 /Août /2012 19:45

kevin Il faut que l'on parle de Kevin, de Lionel Shriver. ed. J'ai lu, 8,40 euros, 605pages.

 

 Le résumé: A la veille de ses seize ans, Kevin Katchadourian a tué sept de ses camarades de lycée, un employé de la cafétéria et un professeur. Dans des lettres adressées au père dont elle est séparée, Eva, sa mère, retrace l'itinéraire meurtrier de Kevin.

 

Mon avis:A la lecture de ce roman, entièrement composé des lettres d'Eva au père absent, Lionel Shriver arrive peu à peu à nous faire basculer dans l'horreur qui touche les familles des auteurs de carnages.

                 Si les deux cent premières pages peuvent dérouter le lecteur, tant par la densité du texte que par la manière dont le sujet est abordé, le reste du récit nous happe complètement. Eva commence par nous parler de son métier, qu'elle adore, de son mari, qu'elle aime passionnément, de son non-désir d'enfant puis de son incapacité à aimer son fils qu'elle trouve étrange. Ce portrait d'une mère abominable se transforme soudain, sans que nous ayons eu le temps de réaliser ce changement, en portrait d'une mère épuisée par les manipulations psychologiques de son enfant, pressentant le pire sans jamais arriver à trouver de soutien auprès de son mari.

              L'écriture de Shriver arrive à nous faire nous sentir aussi désemparés qu'Eva, tout en se demandant si notre perception des évènements décrits est réelle, ou si nous ressentons les choses de cette manière en raison du peu d'amour qu'Eva porte à son fils.

 

                C'est un roman très déstabilisant qui m'a laissée déboussolée et qui me trotte toujours dans la tête plusieurs semaines après sa lecture.

 

 

L'extrait:  "Non, "bouillie pour les cochons" est tout ce que j'ai pu lui tirer, ai-je dit. Mais Kevin n'a jamais prêté interêt à la nourriture. Quand il était petit, j'ai eu peur qu'il meure de faim jusqu'au moment où je me suis rendu compte qu'il mangeait tant que je ne le regardais pas. Alors je lui laissais un sandwich à un endroit où j'étais sûre qu'il allait le trouver, et je m'éloignais. C'était comme si je nourrissait un chien. De loin, je le voyais enfourner deux ou trois bouchées, tout en guettant pour être sûr que personne ne le voyait. Il m'a surprise une fois en train d'épier, et il a recraché. Il a pris le pain à moitié maché avec le cheddar et il l'a tartiné sur la vitre de la porte. Où je l'ai laissé le plus longtemps possible. Je ne sais pas trés bien pourquoi."

Par surletagere - Publié dans : contemporain
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