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Jeudi 21 mars 2013 4 21 /03 /Mars /2013 07:35

51YpJA2beTL._SL500_AA300_.jpg Dans ma quête de livres agréables à lire lors de ma période post-déménagement/camping dans les cartons, je suis tombée sur ce livre: Merci Karl!, d'Arnaud Maillard. Il faut savoir que je suis complètement fascinée par la mode et que si j'avais été douée pour dessiner et/ou coudre, mon "métier de rêve" aurait été styliste (aussi réaliste pour moi que de devenir princesse ou maîtresse du monde...). Le personnage de Karl Lagerfeld m'a toujours beaucoup intriguée, et je sais que je ne suis pas la seule!

    C'était en tout cas le cas également d'Arnaud Maillard, jeune étudiant à la chambre syndicale de la couture qui décide de travailler pour le grand couturier par tous les moyens possibles. Entré en tant que stagiaire au service communication pour un stage de 3 semaines, il évolueras au sein de la maison Lagerfeld pendant 15 ans. Ce livre condense beaucoup de petite anecdotes révélant des facettes différentes du couturier au catogan.Même si la collaboration entre les deux hommes s'est assez mal terminé, il y apparaît comme un homme perfectionniste, amoureux du vêtement, rigoureux avec ses collaborateurs, mais aussi comme un homme fantasque, capable d'engloutir des kilos de saucisses et de chocolat, avant de perdre du poids en un temps record pour rentrer dans la plus petite taille des costumes Heidi Slimane. Le personnage se révèle aussi attachant et attentionné envers ses collaborateurs.

    J'ai apprécié lire ce lire bourré de petites histoires, découvrir les différentes personnes qui évoluent au sein de cette maison de couture emblématique, comprendre comment les histoires de budget et de politiques d'entreprises influent sur une maison de mode, ce qui pour moi s'apparente à un art.

                Il se lit très facilement et je le conseille vivement à tous les fans de mode et ceux qui sont curieux de découvrir Karl Lagerfeld!

Par surletagere - Publié dans : société - Communauté : VOTRE ACTUALITE A LA UNE !
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Mercredi 12 décembre 2012 3 12 /12 /Déc /2012 08:58

au-pays-de-dieu-douglas-kennedy-bernard-cohen-9782266199186.gif  Aaaaaah, Douglas Kennedy! L'auteur qui m'a fait chialer comme une otarie  m'émouvoir sur le sort de ses personnages impuissants face à leur environnement. Alors quand en plus, j'apprends que non seulement Douglas écrit de belles histoires, mais qu'en plus il a fait des enquêtes qu'il relate dans deux de ses écrits, je fonce vérifier ça de mes yeux et continuer ma collec' de fan. J'ai choisi Au Pays de Dieu car son sujet d'investigation, la place de la religion dans le sud des États-Unis m'intriguait beaucoup.

   Tout au long de son périple au sein de la Bible Belt, Kennedy nous dépeint toute une galerie de portraits diverse et variée. Par ces rencontres, souvent étranges, il essaie de dresser un tableau le plus juste possible de l'infinité des croyances américaines: Temoins de Jéhovah, mormons, messe catholique façon hard rock ou rnb, guérison miraculeuse de maladies, de bégaiement, et même d'herpès.... Tout en étonnant le lecteur, et sans jamais juger qui que ce soit, l'auteur nous amène à voir la face sombre d'une économie cachée qui attire les foules. 

   Bien que ce ce récit ne soit pas une pure fiction, il se lit quand même très facilement si on le prend comme une juxtaposition de portraits. Ne cherchez pas une logique de progression tout au long du livre, il n'y en a pas, si ce n'est peut être le hasard des rencontres.

 

Extrait: " Une fois que les fidèles ont entonné à l'unisson du choeur en chasuble deux ou trois hymnes baptistes gentiment compassés, le pasteur a appelé en chaire sa fille de cinq ans, une blondinette au côté de laquelle il s'est assis sur une marche de l'autel, et il a commencé à parler du jeu de chat. sa fille jouait à chat avec ses amies après l'école, oui, mais ce que le pasteur Dortch avait remarqué -et elle s'en rendrait compte quand elle serait plus grande - , c'est qu'il y avait une remarquable ressemblance entre ce jeu innocent et le fait d'être "touché" par Jésus. Il a rappelé  l'histoire de cette femme, dans l'évangile de Saint Marc, soudain guérie de douze années de maux parce qu'elle avait touché le bas de la tunique de Jésus, Lui prouvant ainsi sa foi sans partage. quel rapport avec jouer à chat? me demanderez-vous. Eh bien, comme dans le jeu, lorsque l'on s'apprête à atteindre Jésus, on doit crier : "touché!" et proclamer ainsi sa totale confiance en lui.

    Il est revenu sur le sujet au cours de sa principale homélie de la matinée- "Soyez sans crainte, il vous suffit de croire"- une réflexion sur la nécessite du spirituel lorsque les solutions séculaires à nos problèmes ses sont révélés sans effet."

Par surletagere - Publié dans : société
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Samedi 1 décembre 2012 6 01 /12 /Déc /2012 10:13

    Il est rare que des gens décident de m'offrir un livre pour mon anniversaire tellement je suis chiante difficile. Eh bien l'été dernier on réussi à viser pile poil au bon endroit. Pour résumer les grandes lignes de Purge de Sofia Oksanen, je leur volerai donc leurs mots : " Ben c'est un prix des lecteurs et ça parle de l'Estonie alors ça doit être bien pour toi..."

      Purge, plus concrètement, c'est l'histoire de deux femmes, de leur lutte contre l'oppression. C'est également l'histoire d'un pays, l'Estonie ,  méconnu mais pourtant superbe (mais je ne peux pas vraiment être objective, j'y ai vécu un an) et des années qui ont suivi sa libération.

      Un jour, Aliide, une vieille femme qui vit seule à la campagne trouve dans son jardin une jeune fille, Zara, presque morte de froid et blessée. La recueillant chez elle, elle découvre petit à petit son histoire, son évasion d'un réseau de prostitution en Allemagne, tandis que Zara apprend de la vieille sa vie de résistante estonienne.

 

            Un très joli roman qui arrive à rester agréable à lire malgrè la violence des évenements racontés.

 

 Extrait: "Sous la serviette de lin apparaissaient les jambes contusionnées de la fille. Les bas avaient atténué les marques mais à présent ses jambes et ses bras étaient nus, avec la chair de poule et encore humides du bain. La poitrine était traversée par une cicatrice qui plongeait sous sa serviette. Aliide eut un haut le coeur. Propre, la fille qui se tenait maintenant à la porte de la cuisine avait l'air plus jeune, sa peau était comme la chair d'une pomme fraichement coupée. Ses cheveux dégouttaient par terre. L'odeur de la fille qui venait de se laver se répandit dans la chambre et donna à Aliide la nostalgie du sauna, mais celui ci avait brulé des années auparavant. 

     "Sur cette table, il y'a de l'extrait de plantain. Ca aide la peau à guérir."

   La fille ne bougea pas mais demanda une cigarette, Aliide désigna de sa canne le meuble à radio et lui demanda de lui allumer aussi une Prima. Après avoir allumé deux cigarettes, la fille retourna sur le seuil. L'eau de ses cheveux tombait dans la même flaque.

  "Allons, assied toi ma fille

  - Je suis trempée.

  - Mais non."

  La fille se blottit dans l'angle du canapé et laissa pendre la tête pour que l'eau gouttât par terre. A la radio, Rüütel parlait des éléctions, Aliide changea de station. Aino avait dit qu'elle allait voter, Aliide n'irait pas.

  "Vous n'avez sans doute pas de teinture pour les cheveux?"

Par surletagere - Publié dans : société
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Vendredi 23 novembre 2012 5 23 /11 /Nov /2012 09:41

              Eh bien, voilà un livre que je ne saurais définir...

          Ni tout à fait un documentaire, ni tout à fait un roman, Tout, tout de suite de Morgan Spartes nous raconte une version romancée de l'enlevement du jeune Ilan Halimi en 2006. Mais si l'auteur a mené un minutieux travail de recherche sur la manière dont se sont déroulés les évènements, il ne cherche pas à décrire à tout prix une histoire ayant existée. Si l'on reconnaît quelques grandes figures de l'affaire du gang des barbares, les personnages eux sont fictifs. A part la 4ème de couverture mentionnant l'enlèvement d'un jeune juif en 2006 (et bien entendu, le battage médiatique à la sortie du livre), jamais l'affaire n'est évoquée dans le récit.

         Ces jeunes adultes emportés dans une utopie collective, devenir riches très vite, peuvent être n'importe qui. Personnes réelles ou anonymes. Moi en tout cas, ils m'ont beaucoup rappelé les jeunes de mon quartier que je croise tout les jours. Ce qui m'a le plus dérangé et empêché de savoir si j'aimais ce livre ou non, c'est le style du récit. Brut. Réaliste. La vérité dans toute sa cruauté. Aucun jugement de valeur de l'auteur auquel nous raccrocher pour définir qui sont les bons et les méchants. Et c'est bien ce qui gêne: ne pas savoir qui l'ont peut considérer comme victime, qui est réellement juste, me demander si moi, à leur place, je n'aurais pas après tout pu faire la même chose...  

 

 

 L'extrait: " Avenue Denfert-Rochereau, boulevard Saint-Michel, boulevard Sébastopol, Yacef conduit mal, mais il ne rencontre aucune difficulté: il s'agit de foncer tout droit vers le nord de Paris.

  - Voilà, faut que tu me rendes un service, dit-il en chemin à Zelda, dont il apprécie, à nouveau, de coin de l'oeil, la beauté. Mam' t'as expliqué?

  - Non elle a pas voulu me donner les détails au téléphone. Elle m'a dit que sa ligne était peut être sur écoutes. - J'ai besoin que tu dragues des mecs, des Feujs... On les attraperas. Puis on demandera une rançon.

  - Pourquoi des Feujs?

  - Ils ont du pognon.

  - Et si celui que t'attrapes n'en a pas?

  - Leur communauté paiera. Ils sont unis. Et ils paieront vite. On le gardera prisonnier pas plus de trois jours.

  - Vous allez lui faire du mal?

  - Non! Je suis un bon musulman. J'ai la foi en Dieu... Je te jure qu'on lui fera rien. On lui prendra sa thune, c'est tout. Les feujs, c'est les rois, ils bouffent l'argent de l'Etat. Et nous, les Noirs, l'Etat nous considère comme ses esclaves (balayeurs, manoeuvres, bonniches). Vous les Arabes et nous les Noirs, on doit se serrer les coudes!

  - Vous allez leur prendre combien de rançon: 10000 euros? demande Zelda. "

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Samedi 22 septembre 2012 6 22 /09 /Sep /2012 10:00

choeurfemmes.jpg Le Choeur des femmes, Martin Winckler, 670 pages

 

 

      Jean Atwood (prononcez "djinn"), n'est plus qu'à quelques mois d'être diplômée chirurgienne gynécologique. Elle, ce qu'elle aime par dessus tout c'est tenir un scalpel. Alors, lorsqu'elle doit passer 6 mois à l'unité 77, l'unité "Médecine de la femme", elle ne voit pas vraiment cela d'un très bon oeil. Lorsque le Dr.Karma passe 30 min à écouter une patiente qui "ne supporte plus sa pilule" alors qu'il suffirait de 5 min de consultation pour lui changer, elle voit rouge.

  Mais au fil des mois, Jean va apprendre à entendre au travers du discours médical, à comprendre l'histoire de ces femmes, la raison de leur venue dans ce centre de planification, jusqu'à pouvoir se libérer elle-même d'un poids du passé.

 

 

Mon avis:  Martin Winckler nour livre au travers du récit de Jean Atwood de très jolis portraits de femmes. J'ai aimé retrouvé des thématiques liées à la féminité et qui sont trop peu exploitées en littérature.

        Sans jamais être dans le jugement, des femmes nous livrent ici en toute simplicité leurs histoires d'IVG, de contraception, de relations aux hommes, de viols, de changement de sexe....

       L'alternance récit de Jean/ récits de femmes amène la légèreté qu'il faut au texte.

       Je termine sur l'avertissement que Winckler donne à son lecteur au début du roman:

            " Ce livre est un roman: les personnages, l'unité 77, la ville de Tourmens, son CHU et les événements qui s'y déroulent sont imaginaires.

              Mais presque tout le reste est vrai."

 

 

 

      "- Je ne fais pas comme tous les soi-disant professionnels de la santé qui se prennent pour des pontes et reçoivent hommes et femmes de manière méprisante ou autoritaire. Un soignant, ça ne doit pas se comporter comme un juge...Ou un flic. Quel genre de médecin voulez-vous être? Un soignant ou un flic?

 

    Je me sens rougir jusqu'aux oreilles, de rage et de frustration. Mais pour qui se prend-il? J'ai été major de ma promo pendant 5 ans de suite.

    -....et inutile de me balancer vos états de service. J'ai commencé à lire votre dossier, ais il est tellement éblouissant que je l'ai desuite refermé. Major ou majorette ou pas, tout ce que vous avez appris par coeur pour passer vos examens est daté, partial, insuffisant ou faux. et souvent les quatre à la fois. Dans  les foutues facultés françaises on déforme les médecins au point qu'ils s'imaginent, une fois leur diplome en poche, qu'ils savent tout et qu'ils n'ont plus rien à apprendre."

Par surletagere - Publié dans : société
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